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Échos > 2016 > Les chasseurs disent « non » au parc éolien

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France
sudouest
21juin 2016


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Les chasseurs disent « non » au parc éolien
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Publié le 21/06/2016 . Mis à jour le par Arnaud Larrue
Lors de l’assemblée générale de l’Acca, dimanche dernier, Bernard Guiraud a défendu le projet de parc éolien. ©

Le maire Bernard Guiraud présentait dimanche à l’Acca le projet d’implantation d’éoliennes. Un dossier rejeté par la majorité des chasseurs présents.
Il y a deux certitudes à retirer de la discussion qui s'est ouverte autour du projet éolien lors de l'assemblée générale que tenait l'Association communale de chasse agréée (Acca) de Lesparre, dimanche, à la salle des fêtes de Saint-Trélody : les chasseurs qui se sont exprimés y sont très majoritairement opposés, et le débat n'est pas clos.
Pas clos, mais nécessaire, au point que Bernard Guiraud, le maire de Lesparre, avait aménagé un emploi du temps chargé pour être présent dès le début de la réunion, et que l'Acca avait modifié son ordre du jour afin que tous les interlocuteurs puissent se retrouver. La décision prise par le conseil municipal de Lesparre, le 31 mai, d'avaliser le principe de la construction d'un parc de dix à douze éoliennes par la société Valorem sur le secteur des Vignes Oudides, qui serait le premier édifié en Gironde, a en effet mis le monde de la chasse locale en émoi.
Les feux au vert
Bernard Guiraud savait donc qu'il ne venait pas en pays conquis, loin de là, mais qu'il ne pouvait pas non plus faire l'économie de la confrontation pour avoir une chance de convaincre ceux qui pouvaient encore l'être. Il a placé d'emblée le débat sur terrain de l'environnement et de la nécessité de mettre en place de nouvelles sources d'énergies, afin de lutter contre le réchauffement climatique. Une façon de rappeler que l'intérêt de l'implantation des éoliennes n'est pas que financier, critique qu'il semble avoir entendue.
« À partir du moment où l'on ne veut ni nucléaire, ni cuves de stockage de pétrole, il faut mettre autre chose en place », a-t-il expliqué. Il a rappelé que, selon l'étude conduite par Valorem en 2013 et déposée en 2015, tous les feux étaient au vert « pour obtenir un permis de construire et l'avis favorable du préfet », que l'on se place sous l'angle cynégétique, environnemental ou acoustique.
Impact sur la faune
L'aspect esthétique relève pour lui de l'appréciation subjective, la Tour Eiffel elle-même pouvant être considérée par certains comme « un pylône d'acier ». Il estime, par ailleurs, les conséquences nulles pour le gibier, car « il n'y a pas de corridor migratoire ». Bernard Guiraud a réfuté par avance les objections, mettant en avant les conclusions des techniciens, indiquant qu'au bout du bout, après deux années d'études administratives, c'est le préfet qui prendra l'ultime décision de faire ou de ne pas faire.
L'essentiel de la contradiction, vive mais courtoise, lui a été apporté par Jean-Francis Séguy, représentant la Fédération départementale des chasseurs et son président Henri Sabarot. Son opposition n'était pas liée au principe même des éoliennes, mais au projet de Lesparre, « dont l'impact sur le paysage sera assez important ». Pour lui, si on prend en compte l'erratisme hivernal des oiseaux, ces éoliennes se situeront bien dans un couloir de migration. « On n'ira pas chasser au pied des éoliennes, elles sont dangereuses pour la faune migratoire, et Valorem ne fournit aucune étude pour dire le contraire », a-t-il précisé. Il a engagé les adhérents de l'Acca à voter contre ce projet, qui ne pouvait avoir « que des effets négatifs » sur une « zone de continuité écologique ».

48 voix contre, 3 pour


Plusieurs questions ont ensuite été posées au maire, relatives à l'existence d'infrasons, à la réalité de la force du vent, au coût réel de l'électricité obtenue, à la dévalorisation possible des terrains utilisés ou de l'incidence sur le grand gibier. Les réponses apportées étaient en général contradictoires, bien que paradoxalement basées sur les mêmes constatations ou les mêmes études. Il n'est pas sûr que celui qui a assisté à la réunion sans idée préconçue, afin de se forger une opinion, ait pu en faire son profit.
Pour les chasseurs, par contre, les choses ont été claires. Sur 51 adhérents appelés à donner leur avis à bulletin secret, 48 ont voté contre le projet. Une presque unanimité des présents, mais qui doit être relativisée au regard des 300 adhérents que compte l'Acca.
Tout le monde reconnaissait par contre l'utilité de l'organisation d'autres débats sur le sujet, pas forcément limités au monde de la chasse. Bernard Guiraud a indiqué qu'un second aurait lieu à la fin du mois de juin, à l'occasion du bilan public qu'il dressera des deux premières années de sa seconde mandature.


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